Mickey 3 D

Fort d’un succès grandissant, Mickey 3D collectionne les collaborations (Thiéfaine, Birkin, Ginger ale, Captain cavern, Pauline Croze…) et surtout les concerts. En effet, l’album Matador est déjà disque d’or, ce qui explique l’affluence lors du concert donné à la halle où petits et grands se sont donnés rendez-vous. Une ambiance familiale prend place dans une salle qui figure parmi les plus confortables de Toulouse.

Le concert débute tôt. Nous sommes jeudi et les batteries sont visiblement remplies avant le week-end tant attendu. Mickey vient sur scène présenter le groupe qu’ils ont invité en première partie (comme Louise Attaque avec eux quand ils faisaient la leur). Ce sont aussi des Stéphanois : RedBong. Du rap électro aguicheur mais assez agréable au final, un bon zeste d’humour et un engagement sans faille dans les paroles pour un résultat très réussi.

Mickey 3DLes Redbong ont fait leur boulot en clamant haut et fort leurs convictions avec un zeste d’ironie. Le public est attentif et possède une force particulière ce soir puisqu’il est très varié. Il sera même parfois difficile de contenir la joie de certains et l’exigence d’autres. Les journalistes venus en masse, eux aussi, se faufilent avant le coup d’envoi afin de ne manquer aucune occasion de faire de belles photos. Pour cela, ces derniers devront affronter une foule parfois agressive, partisane de la tolérance zéro malgré le gros travail de décontraction entrepris par Redbong. Aucune infraction n’est permise, on ne bouscule pas, le dépassement est interdit sous peine d’être enguirlandé par le petit copain de la fille que tu viens de doubler délicatement et qui finit par ne plus rien voir par ta faute.

Les remords, l’indiscipline ne sont que souvenirs lointains et ce petit incident laisse place à Mickey 3D qui n’a qu’une chose en tête,e nous faire sourire, pleurer (« Sixième sens ») et réagir (« Il faut toujours viser la tête »). Réaction énergique face à un public dynamique. Les musiciens se démènent sur scène à l’occasion du nouvel album. Le bassiste est plus particulièrement actif puisqu’il bouge dans tous les sens et l’on envie même sa superbe guitare qui colle parfaitement avec son personnage. Retour au rock’n’roll ce soir à Toulouse pour ces quatre citoyens stéphanois qui s’expriment par le biais de leur musique pour partager des idées avec d’autres citoyens.

La diversité dans les morceaux et la musique des M3D sont devenues une force si bien qu’ils persistent et signent sur certains titres mêlant rock, rap ou même punk. La surprise fut de taille sur le titre « Respire » qui regroupe ces différentes influences. Après l’avoir joué des milliers de fois, les Stéphanois décident de répondre à la demande mais dans un esprit relevant du simple plaisir de jouer. Pari réussi. Ils m’ont bluffé et convaincu. Cependant, la version originale reste toujours aussi énervante tellement on a pu l’entendre. Décrassage d’oreilles au programme. La setlist jongle entre les titres phares du groupe : « Le grand Jacques », « La france à peur », « Tu dis mais ne sais pas ». Un petit tacle au TFC et on repart de plus belle « Johnny Rep »… jusqu’aux plus récents et accrocheurs « Matador », « Rodéo », « La mort du peuple » ou encore « Réveille toi ».

Le concert se terminera après quelques « rappels » déroutants puisque nombreux. La reprise de « J’ai demandé à la lune » version punk rock renforcera ce sentiment.

Un très bon moment passé mais un engouement tel qui tape sur le système tellement le public est exigent lorsqu’il s’agit de grosses dates et d’une sortie annuelle pour ces derniers.