Dr feels good

Publié le : 30 juin 20213 mins de lecture

L’espace Bessières est peu à peu envahi par les Cadurciens décidés à vibrer aux côtés de personnalités charismatiques à l’énergie inépuisable.

Mike Sanchez

Le groupe monte sur scène et se lance dans des interprétations cadencées par un rock’n’roll d’un autre temps. Sans cesse sollicité par le public, Mike Sanchez (et son sourire Beatles mania) amène sa formation ainsi que le public dans quelques rocks endiablés.

Mon enthousiasme des premiers titres subira lassitude et ennui successivement avant de découvrir le charme de la pop anglaise et les références qu’elle nous évoque. Ce revirement de situation sera accompagné par une rencontre, sans aucun doute sexuelle, entre l’artiste et son piano. Sa dextérité ne laissera pas indifférent son clavier en transe sous les encouragements du public.

Dr. Feelgood

« Non de Dieu ! » m’exclamais-je à haute voix. Un bon vieux coup de fouet en plein visage, une sensation à la fois excitante et intimidante. Bouche bée, le public ne demande qu’à voir le guitariste se déchaîner. C’est en effet un véritable spectacle de prouesses techniques qui se déroule devant nous. Nous nous prenons au jeu et finissons par nous rendre compte de cette exceptionnelle rencontre.

Le concert débute dans un sursaut. La puissance est présente et les ingénieurs du son nous offrent sur un plateau le fruit de leur travail.

L’excentricité du chanteur fait sourire quand le guitariste nous fait pleurer. Alors que les titres instrumentaux ont tendance à nous faire bâiller, ceux-là nous inspirent deux sentiments :
– la quiétude car nous assistons à un concert qui restera, toute notre vie, gravé dans nos mémoires d’amateurs avertis
– l’excitation et la certitude qu’il existe de véritables virtuoses et/ou demi-dieux pourvus, du moins on imagine, de plusieurs cœurs se relayant après chaque morceau.

Les papis blues font rougir les jeunes générations, pleurer les plus anciennes assises sur les gradins et « arthritées » jusqu’à l’os. Lorsque certains rêvent de jeunesse éternelle, d’autres n’ont même pas le cœur à songer, trop préoccupés par la déferlante rythmique et la branlée à domicile que viennent de leur mettre quatre pauvres Anglais en fin de vie.

Vous l’aurez deviné, les Anglais se portent exceptionnellement bien, offrent un set de deux heures à une cadence effrénée. Mike Sanchez rejoindra le groupe pour une ultime démonstration de leur talent à coup de grands standards anglais et américains gardant en haleine le public cadurcien, définitivement sous le charme.

Les regards se croisent timidement, gênés par tant de générosité, de folie et de grandeur. Les festivaliers quittent la place avec le sourire et dans la bonne humeur.

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