Yamatna

Visage d’ange et voix ensorceleuse : Djazia, chanteuse de Mig, nous plante son univers de rêve. L’artwork laisse entrevoir l’imagination débordante et la volonté de créer.

Tous les thèmes musicaux sont abordés. Yamatna se veut plus accessible que jamais côtoyant trip hop, R’n’B « The hunter » et autres performances vocales remarquables « Mother river ». Cet opus est donc beaucoup moins original mais s’aventure dans certains registres inattendus. Le groupe ne reste pas sur ses acquis et ouvre ainsi son esprit.

La classification « trip hop » n’est plus d’actualité puisque le groupe a su se renouveler et repousser les limites de son travail. Trois décideurs, trois cultures différentes et trois langues parfaitement maîtrisées. Le hasard fait bien les choses et les musiciens mélangent avec plaisir leur savoir-faire et leurs influences « Wild me ». Leur musique est désormais plus riche « Grain d’âme » et plus chaleureuse « Everybody here wants you » et par conséquent moins électro.

La différence est une richesse c’est pourquoi l’arabe est mis en avant sur quelques titres qui figurent parmi mes favoris « Yamatna ». La phonétique de cette langue pousse à la création de rythmiques terrassantes « Nirane » et la musicalité de cette dernière laisse rêveur. C’est avec joie que je retrouve « Alf lila » dans un tout autre registre et qui m’avait déjà fait vibrer sur la compilation « Dope beats ». Le peuple de l’herbe avait ajouté, à cette occasion, sa griffe de maître.

Les sonorités orientales sont là « Butterfly » et la composition, très ouverte, démontre une cohabitation possible entre plusieurs styles musicaux « Doll » laissant nos esprits divaguer et celui de Mig exceller dans cette discipline. Les cultures musicales (Soul, R’n’B, Jazz…) se rencontrent « Smoke of lies » dans un univers imaginaire plein de vie et surtout de belles leçons où l’ouverture d’esprit et la tolérance prennent une grande place.