Sidilarsen

Les sidis retrouvent leur public dans une ambiance détendue. En effet, on se croirait en vacances, l’air est pur. Normal, nous sommes à quarante minutes de Toulouse. Le public est sans aucun doute venu pour eux, bravant chemins et autres routes sinueuses parsemées d’embûches et surtout d’animaux de taille étrange. Une rumeur circule d’ailleurs à ce sujet. Il paraîtrait que Marcel et son orchestre aurait tourné son clip « Les vaches » dans un champ avoisinant. Cette rumeur hante les alentours de ce petit village. Défions la nature mais respectons là. Grosses chaussures cloutées sont au programme et l’on sent déjà, outre le foin séché, la folie qui va régner dans la salle. Cette dernière est petite mais confortable. Une ambiance entre amis prend place. La scène est petite et renforce encore plus ce sentiment. Ce soir les fans sont vraiment privilégiés.

Les locaux de LUFO étaient de la partie pour ouvrir la soirée. Leur son électro indus a fait vibrer les locaux, moins ceux qui ne connaissaient pas.
Undergang
Place à l’électro dansant du Cadurcien Undergang. L’homme à tout faire va-t-il réussir à remuer les frileux métalleux ? Le début est difficile et l’impatience de Cédric grimpe devant l’incompétence du soit disant ingénieur du son, qui passe plus de temps à discuter avec ses potes ou à boire des bières qu’à faire son travail…C’est encore pire du côté des lumières ou le gars n’est même pas là…Face à ces aléas d’amateurs, Cédric furieux, et on peut le comprendre, réussira à dominer son sujet pour animer le dancefloor. Les curieux s’agitent et ne tardent pas à rejoindre la fosse transformée en piste de danse pour l’occasion. La musique aura toujours raison, comme le dit si bien la Rue Kétanou, une fois encore ! Le spectacle offert ce soir est aux platines pour le moment, Cédric s’acharne dessus, chante ses textes durs et incisifs mais qui ont le mérite d’ouvrir quelques sensibilités. Le public devient masse, et se bouge avec bonne humeur sur des rythmes effrénés. La balance penche tantôt vers le rock, la jungle mais l’essentiel reste l’électro vitaminée quand même. C’est toujours un plaisir de se mouvoir avec Undergang et c’est avec joie qu’on le retrouve sur nos platines quand on n’est pas face à ses talents en concert. Alternative devrait tourner sur toute bonne chaîne hi-fi qui se respecte. Vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous en a pas informé !

En bon Toulousain, Oscartramor a su convaincre moult festivaliers après de nombreuses éloges au sujet d’Undergang. Je m’apprête à poursuivre ce travail avec les Sidilarsen.
Sidilarsen
Le concert est sur le point de commencer. Le chant des grenouilles laisse place à celui du sidi. La salle est pleine à craquer et le public attend impatiemment le retour des métalleux pour nous présenter le nouvel album dans de bonnes conditions. Sidilarsen monte sur scène et on peut lire sur son visage une joie communicative. La setlist est impressionnante et ce soir, pour la première fois, nous allons assister à un concert d’une bonne heure et demie en compagnie des Toulousains.

« A qui je nuis, me pardonne » n’a pas le temps de caser son deuxième accord que la foule hurle déjà. Les slams se succèdent et certains n’hésitent pas à saluer chacun des membres du groupe qui jouent avant de se jeter dans une foule hystérique. Par mesure de sécurité les « grosses chaussures cloutées » restent à terre préférant de loin le pogo au slam. Une première chanson suffira à réduire nos t-shirts en éponge et à réveiller nos instincts primitifs refoulés. Me voilà rassuré et réconcilié avec Sidilarsen qui est de retour avec l’assurance de la tournée précédente. J’ai été un peu déçu, il est vrai, lors de notre rencontre au Garorock 2005. Les premières dates sont souvent difficiles mais nécessaires pour une remise en question qui est toujours la bienvenue. Pour preuve, Sidilarsen nous souhaite la bienvenue sur ce titre en guise de mise en bouche. « Antistatic » nous sommes sur « Total écran » suivi d’un « Sidistation » plus que jamais à la hauteur. Replongeons-nous dans l’ambiance du premier album. Un plongeon de 2 ans en arrière, assez pour rendre la chaleur de la salle à son maximum c’est-à-dire insupportable. En effet, les serviettes se succèdent sur scène pour éponger aussi bien les manches des guitares que les visages en nage. Un challenge de plus pour le groupe qui ne se laisse pas impressionner pour autant. Au contraire, repartons de plus belle avec « La morale de la fable ». Quoi de mieux pour affronter et oublier cette canicule localisée que de combattre le mal par le mal. Ce n’est plus que psychologique, en effet c’est au tour de nos muscles de prendre un bon coup pour une soirée résolument sportive. C’est en quelque sorte une initiation au stretching, en moins sexy cependant. Tout aussi efficace, cette gymnastique soudaine réveille les consciences. « Faut que je me remette au sport, j’en chie trop là ». Les points de côté se laissent vite oublier à la vue de la photographe officielle du groupe, un peu de dignité les gars, s’il vous plait. L’attention se focalise de nouveau sur la scène pour « Surhomme » suivi de très près par « Apesanteur ». Nous sommes désormais avertis et bel et bien dans le vif du sujet. Tous nos muscles sont à présent endormis alors que Sidilarsen, lui, commence tout juste à se réveiller.
Sidilarsen
« Elle me tend toujours la main » résonne dans la petite salle qui vibre de tous les côtés. Un tsunami s’abat sur cette dernière laissant à jamais son passage marqué dans nos esprits. Esprits qui s’échauffent en complète corrélation avec l’atmosphère irrespirable. Tellement irrespirable que c’est en l’air qu’il est seulement possible de respirer. Il ne nous reste plus qu’à sauter le plus haut possible afin d’atteindre le toit dans le but de le consolider peut-être. C’est l’état d’esprit qui est consolidé ce soir face à une multitude de pots qui se sont retrouvés pour partager ce moment unique. Unique comme l’interprétation du morceau qui suit. Il s’agit de « Défragmentés ». Défragmentés, nous sommes défragmentés, en mille morceaux. Le chanteur en perd même son pantalon, c’est pour dire. Un autre morceau de choix nous tend les bras quelques minutes plus tard. Avant chaque chanson, une tension. L’excitation est au coeur de la soirée. « Le fer » ravive la folie dans la salle. Le goût du fer. La scène est petite mais accueille toujours autant de fans. Le chanteur ne se sent pas pour autant oppressé puisqu’il bouge comme à son habitude. Quant aux autres, à leur place respective, ils arrivent quoi qu’il se passe à faire vibrer un public attentif et apparemment plutôt en forme. En forme pour « Teknotrone » et en transe pour « L’homme mécanique ». Samuel et Fryzzzer assurent la rythmique assassine tandis que Viber et Sabash, nos deux guitaristes, s’échangent quelques riffs via les amplis monstrueux des métalleux. L’incontournable et médiatique « La fibre » est enfin jouée. La patience paye et la joie est gratuite ce soir face à un groupe qui ne lésine pas sur la bonne humeur, présente sur leur visage. Authentique tout comme « Rien pour l’instant ».

La générosité et l’énergie du groupe réapparaissent pour un premier rappel. C’est le batteur qui se charge de mettre de l’huile sur le feu. Une tête par-dessus de gros haut-parleurs s’efforce d’exciter un public qui n’a vraiment pas besoin d’une telle attention grimaçante. Une gestuelle très explicite pour un dernier pogo. « Cardiotronic » et « Fluidité » rattrapent la réalité. En définitive, je ne suis vraiment pas sportif.

Même schéma pour ce deuxième rappel, inattendu il faut le dire. « Biotop » et « De temps à autre » vont conclure cette soirée devant un public toujours aussi excité. Le concert aura duré au tout et pour tout 1H30. Certains sont lessivés voire même exterminés et cette soirée valait largement le détour : un grand succès.