Rue du Maroc

Ca faisait longtemps que l’on attendait le retour du génie des platines. Il est enfin là et rien ne présageait un tel retour. Avec l’aide de Damny Baluteau (la Phaze), Cédric Gleyal alias Undergang reprend du service avec détermination et un tas d’idées bienvenues.

« Rue du Maroc » est, outre le titre du nouvel album, la rue dans laquelle son art est né. Métissage des cultures rock / break beat / drum’n bass / punk…il ne cesse de surprendre un public à la recherche de nouveauté. Rien de plus facile pour l’homme pieuvre de créer et comme à son habitude, de dénoncer quitte à choquer.

Chanteur « engagé », Undergang laisse l’auditeur sur le carreau et ouvre le débat « Le silence des soumis ». L’énergie laisse bouche bée « Instant et instinct » et la présence d’instruments enregistrés en live, triturés en studio et assemblés sur le disque donne une impression de rage et de révolte urgente « La main tendue ». Les guitares occupent une place importante dans les nouvelles compositions du Toulousain renforçant ce sentiment militant.

Cohérent dans ses idées, Cédric Gleyal met le doigt là où ça fait mal. Le pouvoir étatique, l’influence des médias « Death designers » et des politiques sont autant de sujets sur lesquels Undergang est intarissable. Il crée, exprime son ressenti, ses idées et invite l’auditeur à réfléchir, à ne pas suivre la masse aveuglément, à être en accord avec soi. « J’n’aime pas les cris de ralliement démagogiques » clame-t-il, il prône la libre-pensée et croit aux citoyens acteurs.

Outre l’importance de la musique et des mots, l’engagement citoyen (trier ses déchets, favoriser le covoiturage, préserver l’eau…) passe par la bonne humeur d’un acteur qui n’est autre que Cédric Gleyal. A petite échelle, cette prise de conscience grandissante est un énorme pas en avant, un acte collectif bien loin de l’égoïsme ambiant, une perspective d’avenir rassembleuse et saine.

« Rue du Maroc » aura eu, quant à lui, l’immense plaisir de côtoyer et d’assembler voire même de rassembler, une fois de plus, une foule d’influences, de cultures sans pour autant délaisser ses racines « alternatives ». Compromis, ouverture d’esprit et réflexion sont au programme.