Prajina

Les PrajnAliens sont de retour sur terre. Fort de 2 albums (L’éveil en 2001, A l’horizon en 2003) et de plusieurs compilations (Haïti chéri, 400% indépendant…) Prajna revient sur terre avec son 3ème bijou sur des vibrations électro dansantes.

Visions « 1, 2, 3 et 4 » vous l’avez compris, correspondent à une succession de titres qui s’emboîtent et se complètent. En somme, l’album est une histoire décomposée en 8 actes. Le fil directeur ? L’espace. Cette science vous est désormais accessible via « Nos dieux sont morts ».

Le premier « épisode », « vision 1 » est un instrumental parfait pour se mettre dans l’ambiance afin de retrouver toutes les sensations des précédents albums, avec la maturité en plus. L’album sonne et a été travaillé dans l’esprit « live » c’est-à-dire avec beaucoup de générosité et toujours autant d’énergie. Une énergie désormais maîtrisée. La sagesse prend le relais sur des rythmes plus posés.

« Vision 1 » est donc l’introduction dont seul Prajna en a le secret. Une intro criblée de sons synthé jusqu’au moment où le chanteur se manifeste et proclame « accélération spatiaux temporelle » signant ainsi le retour officiel du groupe. Un retour très attendu par les fans de la première heure.

« Vision 2 » et « 3 » incarnent l’énergie sur l’album. « Vision 2 » et sa chute électrique. Un riff rivalisant avec ceux d’Emmanuel Praz. « Vision 3 » et son chant « Ragga » sans conteste le meilleur titre de l’opus. C’est un bonheur de retrouver le chanteur dans son univers 100% électro. « Satellite » fait partie des surprises. Un titre déjà présent sur « A l’horizon ». Retravaillé, ce dernier offre une version beaucoup plus vivante et compréhensible avec des paroles beaucoup plus claires.

Les 3 Jedi ne forment plus qu’un lorsqu’il s’agit de faire bouger les masses. Pour cela, de bonnes lignes de basses accompagnent les machines. Côté inventivité, nous avons le violoncelle qui nous plonge dans l’obscurité avec parfois ses distorsions bien balèzes. Pour preuve, « Wan » met particulièrement en avant cet instrument « classique » en le réactualisant dans ce style de musique hors norme et révolutionnaire. Côté texte, nous avons « Big bang », texte engagé, commencement ou fin de l’album ? C’est comme vous le sentez ! En effet, Prajna vous propose un voyage dans l’espace, l’imaginaire où tout est permis. C’est grâce à cette inventivité qu’il vous est possible de créer votre propre histoire. Chacun voit ce qu’il veut. « Dub laser » est issu de nombreuses années d’enseignement et de méditation avec ses mélodies envoûtantes. Une dernière « vision » vous est offerte sur l’album, « Vision 4 » pour une dernière image pourquoi pas visionnaire.

On regrette que cet album ne soit pas plus long et non pas plus complet car il l’est ! L’implication de JC au chant manque un peu mais c’est seulement pour laisser place à l’imaginaire. La pochette de l’album laisse à désirer cependant. Aucune originalité, ne reflétant en rien le contenu du disque. Quant aux textes, nous aurions aimé retrouver les paroles. Mais ne serait-ce pas une fois encore pour mieux s’imprégner de la musique et entrer en phase avec cette dernière ? Réflexion au programme.