On n’est pas là

Une découverte imprévue et plutôt agréable. La découverte d’un groupe à l’imagination et au talent sans limite mais pas seulement. La découverte d’un tas de mélodies qui ne me sont, finalement, pas si étrangères que cela. Il aura tout de même fallu fouiller les vieux vinyles de l’ancêtre (merci papa) pour reconnaître certains airs « On n’est pas là pour se faire engueuler », « Je suis swing » et en découvrir d’autres qui représentent en définitive 70% de mon travail.

Nous autres les jeunes, sommes quotidiennement conditionnés par des radios trop souvent étroites d’esprit. Le violon est banni, ne parlons même pas de l’accordéon réduit à passer son dimanche midi chez Sevran. Nous y voilà, place aux préjugés.

La réalité des Pommes de ma douche est beaucoup plus gaie. En effet, cinq musiciens à la dextérité foudroyante sur des airs tout en délicatesse « Puisque vous partez en voyage », en énergie « Roule Hot » se partagent les tâches. Cinq musiciens passionnés par le Jazz manouche et plus exactement par l’homme que l’on vénère dans le milieu, Sir Django Reinhardt. Cinq musiciens qui puisent toutes leurs forces sur scène en donnant, j’imagine, une dimension encore plus vibrante et entraînante.

Stéréotypé jusqu’à la moelle, me voici embarqué dans je ne sais quel univers fredonnant du Django, Baker et autre Salvador.

A peine remis de la biographie du groupe, qui ne me donne qu’une envie celle de participer à ces réunions « familiales » et déjantés, me voici plongé dans une position gênante. A l’aube du troisième album, la promotion s’annonce, les médias s’enthousiasment et parmi eux la chaîne de télévision Antenne 2 et l’émission du dimanche…midi.

Ne renions pas notre passé, même s’il n’est qu’à quelques lignes d’ici, et encore moins ces années 30 et 40 si riches. Profitons du temps présent et des moments encore nombreux à passer en compagnie des Pommes de ma douche qui me donne l’envie subite de « Chanter la vie ».