Oai e libertat

Après 3 années d’absence, 25 ans de carrière et une dizaine d’albums, Massilia Sound System revient à ses premiers amours. Dancehall ou encore DJ style marquent le grand retour d’un groupe qui se renouvelle avec succès.

« Oai e libertat » est donc le dixième opus d’un groupe qui prône le « bordel positif ». Le but à atteindre est simple mais efficace tout au long de l’album : « reconnecter les générations c’est notre boulot », prendre en main son avenir, être acteur dans sa ville, son quartier ou bien son village en revendiquant son existence, son opinion, ses différences.

Massilia Sound System a su, tout au long de son existence, ouvrir le débat, rabibocher jeunes et vieux avec un discours toujours positif, rassembleur et prouve une fois de plus que le mélange des cultures, qu’elles soient musicales ou encore sociales et collectives, n’est qu’enrichissement et ouverture d’esprit.

La réalité n’est pas toujours aussi belle et réjouissante « Lo micro es romput ». En effet, il n’y a plus de lieu de rencontre, d’agora, puisque ces espaces ont laissé place à l’urbanisme qui gagne de plus en plus de terrain dans nos agglomérations, au même titre que les axes de circulation dénaturant nos villes, détruisant notre identité « Lo grand tramblament ».

C’est pourquoi Massilia préconise un « marché du soleil » dans tous les quartiers afin de créer un lieu commun où quotidiennement la population se mélange « Au marché du soleil ». Il suffit de croire en soi et de prendre en main la situation « Oai e libertat » devenue sérieuse. Les gens ne sortent pratiquement plus de chez eux (métro / boulot / dodo) et se laissent abrutir par la télévision, endoctrinés par celle-ci. « De longue », titre majeur de l’album, invite à réagir rapidement. En effet, l’entraide n’existe plus et être ou devenir égoïste est malheureusement inévitable lorsque l’on aspire à tirer son épingle du jeu « A l’agonie part.2 », malgré la détresse de certains que l’on ne cesse d’enfoncer toujours plus, à défaut d’une main tendue, d’un geste humain « Toujours (… et toujours) ».

Réaliste mais toujours joviale, la musique est pour notre plus grand bonheur accompagnée d’un son et d’une énergie implacables, incomparables et tout simplement envoûtants « Dimanche aux Goudes ». Les sujets ne manquent pas, les textes font de nombreuses propositions n’empêchant en rien la musique de finir le tableau en quelques coups de pinceau. Celle-ci laisse la guitare explorer ou plutôt exploser. Jamais la guitare n’a été aussi présente, renforçant ce sentiment d’énergie, d’adéquation avec notre époque et rendant donc Massilia et leurs fans plus que jamais vivants.