Massilia Sound System

La salle est pleine à craquer. Les fans s’y étant pris trop tard essaient tant bien que mal de se procurer des places. Dehors on entend le public qui applaudit le 1er groupe.

Il s’agit de 2 MC dont 1 des Fabulous Trobadors, pas Claude mais le second. Beaucoup de bruitages et de la tchatche. Le public est chaud. Ca ne va pas être triste ! Le groupe n’est pas trop connu mais le public est remonté à bloc. Décidés à passer une bonne soirée, les fans essaient de se placer le mieux possible (j’en fais partie). Une mentalité très différente de la plupart des concerts. En effet, j’avais vu les Oaïstar le 10/10/04 à Tournefeuille et je suis formel ! Le public des Massilia est vraiment le meilleur. Qu’est-ce qui me pousse à vous dire ça ? L’ambiance devant des artistes plus que rodés qui s’adressent à des personnes de tout âge et de toutes origines, une grande famille qui tourne depuis 20 ans et dont finissent par faire partie tous les fadas qui assistent aux concerts. Bonne humeur, sourire, gaieté…Pastaga. Bref, on est dans le bain dès le seuil franchi et ouai ça sent le pastis depuis les loges ! Marseille est là, c’est un peu comme des vacances mais il manque cependant quelque chose, mais quoi ? Je concerte mon collègue quand tout à coup la réponse se fait entendre. Les cigales jaillissent des haut-parleurs même si je vous le rappelle on est quand même en décembre !

L’intro se fait entendre, le public aussi et finit par étouffer le bruit de mes cigales. Bande de sauvages !!! Putain c’est parti, le stress de la journée est remplacé par la détente. Gari nous envoie un « Aïoli les cousins, Aïoli les cousines » et ça part tranquillement sur « Les papets, les minots…» avec un Massilia visiblement en forme et une chanson qui passe très vite. Beaucoup de monde sur scène mais comment font-ils pour ne pas se marcher dessus ? Ca reste keep cool avec soit disant le seul truc qu’ils savent faire à savoir le reggae marseillais, c’est une « Toute petite danse », une spécialité marseillaise et ouai il n’y a pas que le pastis à Marseille. Lux B est là pour l’ambiance mais on regrette qu’il ne participe pas plus au chant. A écouter sur l’album Oaïstar. 3 MC’s et la star du Oaï ce soir avec le Massilia, Lux B.
Massilia Sound System
Beaucoup de tchatche et de lyrics balancés très proprement et sans trop en faire. Je m’explique. 3 chanteurs à plein temps qui jonglent un tour chacun avec ce professionnalisme déconcertant qu’on leur connaît. Rien à voir avec du rap et des rappeurs qui vocifèrent. Les 2 premiers titres calmes servent d’échauffement. « Jompa vö » résonne magnifiquement avec ses bonnes basses. Ca bouge toujours mais là on est monté d’un cran. « Allez jumpe jumpe jumpe, toute la chourme » nous gueule Lux qui ne fait que mettre de l’huile sur le feu, tandis que sur scène le Massilia est parti pour de bon. C’est le moment de « Lâcher prise » avec le Massilia. On rêve qu’une basse intervienne pour prendre le relais et suivre notre guitariste sur un titre made in Marseille c’est-à-dire bien dansant, c’est le sound system marseillais inimitable et authentique. A la la mes amis, voici une des 19 bombes présentes sur « 3968 CR13 » qui pour moi est le meilleur album des gars. Il s’agit de « Sus n’er de reggae ». C’est à ce moment que Lux intervient et comme par miracle le public suit et chante ou fredonne l’air…Papapa…escota joventura…C’est la magie du direct et un bon moment passé avec pas mal de fans en fait.

Ca fait bien 2 mois que je ne me suis pas replongé dans l’univers de Massilia mais je reconnais sans difficulté un de mes titres préférés. « Pauvre de nous » débute avec son intro en occitan. La tension monte, on sent le public attentif et près à sauter et il ne se fait pas prier. C’est donc parti pour 4 minutes intensives et un passage instrumental bien vivant et boulégant que j’avais même oublié. On a donc laissé le reggae le temps d’une chanson pour laisser place à…à quoi d’ailleurs ? Le rock Massilia ? Bref, c’est vraiment puissant ! On reste donc dans cette excellente ambiance et pourquoi pas sur mon album fétiche, tant qu’à faire avec « Jovent ». Encore un titre de furieux où sort des haut-parleurs le bon son qui nous fait danser. Le son est là, le son est en place et les chourmos/chourmettes aussi. Le public est en osmose avec le groupe. Lève la gambe sur « Commando fada ». Mon dieu c’est terrible ! Un morceau sorti des oubliettes qu’on a plaisir à entendre et qui déchaîne le public. L’accordéon retentit et les voix de nos MC’s s’enchaînent. Ca débite bien mais…d’où sortez-vous des lyrics aussi fastueux !? Apparemment, ils n’ont pas de mérite. Parait-il qu’il s’agirait d’une maladie chronique. C’est assez rare et c’est ce qui fait la particularité du groupe, il s’agirait après diagnostic de la maladie du lyrics. Et ça dure depuis 20 ans ! Un petit rappel s’impose quand même, histoire que tout le monde reprenne ses esprits aussi bien côté public que côté scène.

« Mais ils sont où, mais ils sont où, mais ils sont où les marseillais ? » résonne au Havana Café par un public surexcité et qui n’attend qu’une chose…l’apéro ! euh non ! Leur retour sur scène bien sûr…avec l’apéro ! Eh ouai pastis pour tout le monde, enfin pour ceux qui sont devant car le plateau, amené par de belles serveuses pour l’occasion, ne dépasse pas les 2 mètres. Les derniers récolteront le plateau vide. Veinards ! Ou veinardes que sais-je. Bon, tout le monde a bien bu, s’est bien désaltéré avec ce fameux pastis pas très dilué pour être honnête mais tellement meilleur quand on sait qu’il vient du Massilia !
Massilia Sound System
« Quand ma petite est dans la place » le petit joyau du dernier album nous fait vite oublier nos verres mais pas notre haleine. C’est vraiment énorme, on est tous dedans, des couples se forment tandis que d’autres se la jouent solo. Une chanson très tranquille mais dansante et qui met à coup sûr de bonne humeur. Lux essaie de former des couples. Pas évident, hein Lux ! Une belle chanson en tout cas. Tatou et Gari prennent ensuite place sur la scène et finissent par l’occuper pleinement avec pour seul accompagnement le guitariste. Une série de reprises sont faites et pas mal d’improvisations. Petit clin d’œil au Fabulous trobadors j’imagine. Ces improvisations assez improbables sont couvertes par un bordel monstre géré depuis le soundboard ! A chaque soit disante impro, un bruit couvrant les voix apparaît. Mort de rire. Eux aussi visiblement. « MC’s » est la suivante avec Lux B, un peu trop fidèle à la version présente sur « Massilia fait tourner ». Pas très convaincu mais le concert est loin d’être terminé. « Qu’elle est bleu » ah, celle-ci nous rend joyeux à tous les coups. Encore une fois tout le monde connaît, tout le monde est dedans, ça bouge, ça rit, c’est le bonheur. Un peu d’occitan avant de nous quitter quand même avec un « Parla patois » excellent comme l’original, on comprend pas tout mais on s’en fout, on est bien. Les Massilia prennent plaisir à rejouer leurs anciens tubes et ça le fait ! It’s OK ! Et rou la la « Bouteille sur bouteille » avec une série de dédicaces. Ben vous avez qu’à écouter le live. Nan ! Une chanson universelle avec les préoccupations de tout homme normalement constitué. Est-ce qu’il nous reste de l’énergie ? « Lo Oaï » qui s’arrête vite parce que le public soit disant ne suit pas. Alors tous assis pour le petit Oaï et puis finalement et tant qu’à faire on va faire le grand Oaï ! Le grand Oaï c’est quand tout le monde s’allonge. A 3 tout le monde saute mais on ne doit pas compter de la même façon à Marseille. Je ne vois que cette explication. Bon ben ça bouge méchamment avec des ajouts de texte qu’on retrouve sur le volume 2 de Oaïstar, plus exactement sur « SOS Oaïstar ». Fort. On finit en beauté dans une grande farandole bien marrante sur « Tuba la pipa ». Tout le monde saute, la salle est éclairée, j’aperçois des sourires scotchés d’ailleurs en parlant de sourires scotchés j’ai souvenir de Lux qui récupère de l’herbe dans le public et qui la fourre dans la poche de sa chemise. Belle anecdote n’est-il pas ? Très très bonne soirée. A tous ceux qui n’ont pas vu le Massilia, vraiment bougez vous ça vaut le détour, c’est unique.

Par contre, DJ Kayalik ne s’est pas trop lâché à ma grande déception. Je l’ai trouvé beaucoup plus actif au sein du Oaïstar. Je regrette également le manque de surprises, je pense notamment à des invités tels que les Fabulous, les Bombes 2 bal ou encore Zebda qui auraient pu participer…

La soirée n’est pas finie et je ne suis pas au bout de mes surprises. Un stand monstrueux ou plutôt un magasin original Massilia s’est dressé au fond. Des dizaines de T-shirts tous aussi beaux les uns que les autres. Un choix trop difficile. Putain, vous ne pouvez pas en faire des laids car c’est vraiment cruel ! Donc deux T-shirts achetés dont un des Oaïstar qui envoie trop le bois : blanc avec les manches bleues. Et là, j’ai retrouvé des sensations perdues (je deviens de plus en plus fainéant, de plus avec internet tu trouves tout et par conséquent c’est même plus marrant, il n’y a plus aucun plaisir) comme quand t’es dans un magasin de zic ou sur une foire aux disques et que tu fouilles comme un enragé sans aucune idée en tête et que tu tombes sur une merveille que tu cherches depuis trop longtemps ou dont tu ignores l’existence, peu importe, et là ton cœur bat à la toque et tu regardes autour de toi, t’as des sueurs froides, tu avales ta salive et tu repars trop fier et trop de bonne humeur. Ca m’a rappelé ces sensations là en découvrant le volume 2 des Oaïstar dont je n’avais pas connaissance du tout. Il est excellent et contient des morceaux cultes. J’attend avec impatience un live. Vous savez ce qu’il vous reste à faire les gars ! Bref que du bonheur en ce mercredi 15/12/04.