Le vent du nord – La part du feu

Le vent du Nord débarque avec son cinquième album autoproduit et partage avec soin son amour pour la musique traditionnelle québécoise. Les quatre compères ravivent mes souvenirs joyeux d’une musique qui ne m’est pas si étrangère que cela. La beauté et la pureté de celle-ci m’évoquent avec nostalgie leurs homologues français « Mes souliers sont rouges ».

Le réalisme que procure cette musique s’explique par un véritable travail de recherche et une passion commune pour l’histoire d’un pays mais pas seulement. L’ouverture d’esprit est de rigueur, si bien que c’est à Gustave Nadeau, écrivain et chansonnier français né en 1820, que revient le privilège d’ouvrir l’album avec « Lanlaire ». C’est à lui que nous devons notamment « Le roi boiteux » réinterprété tout récemment par Stéphane Gourdon alias Noof ou encore « Carcassonne ».

Les textes peuvent être diamétralement opposés d’une chanson à l’autre et décrire des jours de fête, de béatitude comme de grande douleur. La musique s’empare des textes avec sa main de velours . Le vent du Nord n’a donc pas qu’une fonction festive, elle peut être commémorative « La mine », « Octobre 1837 » et quoiqu’il en soit instructive « Montcalm ». Lorsque la musique est plus forte que les mots, de bien belles compositions hantent nos esprits et se passent de commentaire « Mamzelle Kennedy », « Le cœur en trois ».

Il va de soi que la musique se prête évidemment aux histoires de cœur « Le cavalier et la belle » et de libertinage « Les métiers » mais procure des sentiments plus forts encore. « La part du feu », cinquième album du groupe, est une agréable découverte qui fait preuve d’une force de caractère et de croyances pures.