Le Peuple de l’herbe – Secret Stachella

En pleine tournée, et faisant suite à la sortie automnale du dernier Peuple de l’herbe nommé Next Level, le gang lyonnais nous balance un EP baptisé Secret Stachella, autrement dit issu de leur planque secrète…

L’évolution marquante de cette dernière année pour le groupe est l’apparition de la guitare, troquée contre la trompette jusqu’alors omniprésente. Rassurez-vous, le groove que l’on connaît depuis la première heure est toujours bel et bien présent. Quel que soit le style, rock, ragga, hip-hop, dub, ça envoie du très lourd…

Ce mini LP est constitué de 8 morceaux, dont 4 titres inédits, 3 lives – dont le très jouissif « Herbman skank » – et un remix. Au même titre que l’Asian Dub Foundation, Le PH nous prouve que le métissage sera une solution humaine et artistique pour ces prochaines années.

C’est pourquoi, et compte tenu des rencontres effectuées lors de leurs tournées, ce groupe s’enrichit et se développe fortement. Cet LP en est la preuve flagrante, puisqu’en ouverture on trouve 2 morceaux (« Yini Bo » puis « Stier Groente ») d’une association absolument jubilatoire avec le collectif d’Afrique du Sud « Cape Town Effects » mélangeant hip-hop et sonorités électroniques et groovy. Les vocaux sont ultras énergiques, entêtants ; les résonnances cupriques, le style funky/rock bien présent…

Jamais le lien artistique entre notre pays et l’Afrique du Sud n’aura semblé aussi fort. On se rappelle d’ailleurs les productions communes de Chinese Man et du rappeur Tumi, figure emblématique de la nation arc-en-ciel. De par leur volonté d’innovation, entre autres dans le secteur musical, nous avons clairement à apprendre de ce pays, ainsi que de ses représentants qui, désormais, ont connu 2 époques.

Cependant, ne croyez pas que cet album n’a d’intérêt que pour ces 2 premières tracks. Bien au contraire, il semblerait que pour les amateurs du groupe, l’œuvre soit indispensable tant elle est maîtrisée, les alliances des différents styles fusionnant harmonieusement.

Notons la présence de l’excellent Marc Nammour chanteur et auteur du groupe La Canaille, sur le morceau « Parlez le fracas ». Il distille un rap intelligent et engagé qui devrait laisser des traces.

Les 3 lives sont comme des offrandes pour les plus fanatiques d’entre nous et prouvent (si cela était encore nécessaire) l’amour que porte le groupe pour la scène et les tournées en général.

Le résultat global est extrêmement accrocheur, hétéroclite, le cross-over musical devenant une véritable marque de fabrique pour le clan.