L’art de al fugue

Comme s’il s’agissait de contredire l’intitulé de leur nouvel album, La Maison Tellier revient au devant de la scène avec « L’art de la fugue », troisième album du groupe.

La Maison Tellier alterne, comme à son habitude, entre « chanson française » et chanson folk dans la plus pure tradition américaine. Une double culture de plus en plus revendiquée au fil des albums est nécessaire au développement du groupe. Celui-ci cultive la différence en musique et cite avec plaisir et émotion ceux qui influencent encore l’ambiance tirée des albums et des chansons. Pour preuve, « Second souffle » et sa pochette de disque donnait un avant goût du contenu et un joli clin d’œil au courant folk / rock des années 60 américaines.

C’est évidemment un plaisir de retrouver La Maison Tellier dans ce registre original et de très bon goût. Les textes chantés en anglais semblent cependant plus inspirés et dégagent une tout autre atmosphère et une dimension toute particulière. Les harmonies vocales sont plus intenses « Mount forever » et la voix se métamorphose enfin, prête à exceller « Five years blues ».

« L’art de la fugue » ne fait évidemment pas exception à la règle en proposant des titres abondants tels que « Laissez venir », « L’art de la fugue » ou bien « Mexico city blues ». Les chansons du début (La Maison Tellier / 2006) sont intimement liées aux dernières et le fil directeur reste le même sans même dénaturer l’intensité des premiers jours. Acerbes, ces bouts d’histoires laissent parfois sur leur faim, comme en attestent « Babouin » ou encore « La peste » qui prône malgré tout un refrain toujours au gout du jour.

Globalement, nous pouvons dire de ce troisième album qu’il est une réussite malgré des titres moins palpables « Suite royale » et plus proches du scénario cinématographique lassant qui nous délivre tous ses secrets dès le premier visionnage.

A vos platines, la fine équipe est de retour !