Karpatt

Ils ont plein d’histoires à raconter, plein de chansons farcies de mots, ça les occupe au lieu de picoler…La salle est pleine à craquer. Dehors, chacun attend sagement son tour pour « La fouille » et…Ben, ça dure ! Heureusement, l’équipe de Première pression, que l’on commence à connaître, nous attend avec ses hôtesses très agréables et souriantes.

Premier groupe sur scène ce soir « L’air de rien », ils sont arrivés sur la scène française l’air de rien (sic !) avec des chansons entraînantes. A force de concerts, de belles premières parties, « La rue kétanou », « Stéphane Cadet », « Karpatt », « Les croquants »… « L’air de rien » fait sa place avec beaucoup de progrès depuis 2003. C’est avec plaisir et surprise que je les ai retrouvé à Tournefeuille avec un public d’enragés. J’ai connu un groupe trop instrumental à mon goût lors des premiers concerts et aujourd’hui, forts d’un album, les gars me paraissent plus motivés que jamais. On regrette cependant le manque d’originalité. En effet, on a quand même une impression de déjà vu. Qu’est-ce que vous voulez, c’est la mode qui veut ça. Aux oubliettes le ska !? Ca reste quand même très festif et je parle au nom de tous, nous avons passé un bon moment en leur compagnie. Les fans, aux premières loges se sont régalés.

On se demande même si la salle va tenir le coup tellement elle tremble et vibre au rythme de la musique. Par contre, le son est beaucoup trop fort et aiguë.

l’air de rien
Les Karpatt prennent la suite, je m’en vais vous conter un bout de chemin parcouru avec bravoure par les 3 chansonniers. Ils écumèrent les bars parisiens des années durant avant de s’attaquer à la France entière avec cette même ferveur des premiers jours qui consiste quoi qu’il arrive à finir Karpett. Tel est la devise. Ce soir là, il était plus de 22h lorsque sortent de l’obscurité 3 buveurs de vin. Après 2 albums et des centaines de bouteilles distillées, les voilà à Toulouse face à des buveurs de bière. La rencontre risque d’être intéressante malgré ces deux cultures pourtant différentes. Le défi sera-t-il relevé ?
KarpattKarpatt est très bien accueilli par un public super enthousiaste. Le public joue avec les artistes et ne demande que ça. Karpatt ne se fait pas prier. Ils sont dans leur élément avec une authenticité et une simplicité remarquables. Nous sommes là avec une envie commune : celle de s’amuser et cela se sent. C’est pourquoi je vais essayer de retracer les moments qui sont pour moi les meilleurs. C’est assez rare de voir si peu de musiciens avec autant de cordes à leur arc. Je m’occupe des présentations. Nous avons Fred au chant et à la guitare qui découvre l’ambiance toulousaine avec plaisir semble-t-il. Véritable chauffeur de salle, ce dernier bouge sans cesse sur une scène où il ne manque pas d’espace pour exercer son talent. Il interprète très bien l’une des chansons de « Yann et les abeilles » et fait fureur sur « Les petits cailloux » avec deux choristes transformés en chien le temps de la chanson. Michel Leb n’a qu’à bien se tenir (rires). Restons dans la légèreté et la gaieté avec « Soulève ta jupe » qui me rappelle avec nostalgie l’ambiance du premier album. C’est le moment de vous présenter Hervé à la contrebasse, qui lui sert également de batterie lorsque cela lui chante. Véritable instrumentiste, ce dernier utilise même son souffle et n’hésite pas à nous siffler les airs de Karpatt avec des improvisations toujours décapantes et déjantées. Vous voulez des preuves ? En voici en voilà sur des thèmes et des chansons propres au groupe, ceux de la fête et du vin. « La mouche » avec des confrontations entre guitaristes. Les médiators fument et les artistes toujours souriant captent les regards de tous les spectateurs, sans Karpattexception. Oui messieurs dames, un véritable spectacle. Pour preuve, deux verres et une guitare suffisent à enflammer la salle. Des éclats de rires résonnent à Tournefeuille en même temps que le fracas des deux verres pleins qui s’entrechoquent après chaque vers ingurgité. Il est temps de quitter l’ambiance des bars, de poser son verre et goûter à la solitude « En pleine mer ». Remarquez, l’un n’empêche pas l’autre. Chantons sous la lune de Tournefeuille. Il ne reste plus qu’à saluer Gaëtan, le plus sage sur scène, accompagné par sa guitare acoustique. C’est le plus discret. Encore que… Il s’est bien foutu de nos accents quand même. Nous attaquons le quart d’heure énigme et suspense du concert. Connaissez-vous l’histoire d’ « Achille » et de son tatouage ? C’est pourtant intrigant. On n’a toujours pas la réponse. Ils n’ont rien voulu nous dire. Il nous reste pas mal d’artistes encore à questionner. On finira bien par savoir. Allez, un peu d’actualité quand même avec les « Jeux Olympiques » mais sans Mano Solo. Ca le fait quand même les gars je vous rassure.

Beaucoup de titres interprétés, pas mal dont je n’avais pas connaissance et paradoxalement, il m’a semblé que le concert est passé à une allure phénoménale. J’imagine que c’est ce qui doit se passer lorsque c’est bien.

C’est un bon point pour Karpatt avec un live vraiment « dépaysant » et acoustique. Des chansons réinterprétées pour la scène pour le bonheur de tous et un album plus riche que jamais pour les nostalgiques. Le défi est donc relevé haut la main et on finit par boire…leurs paroles.

La soirée se conclut avec les Croquants. C’est intéressant de voir dans ces soirées là, des artistes passionnés par la chanson française, qui en vivent en faisant de belles reprises acoustiques entraînantes. Il s’agit de 2 musiciens qui la font revivre devant un public majoritairement jeune qui découvre ou redécouvre les joyaux d’antan. Quoi de mieux que d’aller voir « Les croquants » afin de réconcilier les générations entre elles !? Il suffit de 2 guitares acoustiques avec leur son bien chaleureux et les cœurs battent à 100 à l’heure. Quelques airs à l’accordéon suffisent à transporter cette chaleur au plus profond de tous les cœurs présents ce soir à Tournefeuille. Aznavour, Brel, Sardou…tout y passe sous l’œil complice des ingénieurs son et lumière qui se plaisent à animer ce magnifique décor vivant. 2 heures de spectacle et une belle surprise au final. Les « Karpatt » remontent sur scène (les 3). Une démonstration/improvisation se déroule sous nos yeux avec des sourires partout dans la salle.

Merci à Karpatt, aux Corquants, à L’air de rien et à Première pression pour cette soirée riche en couleurs !