Eddy La Gooyatsh – Beaurivage

Beaurivage est le nouvel album résolument Pop d’Eddy La Gooyatsh. C’est un plaisir que de découvrir le nouvel album d’un artiste aussi atypique et attachant qu’Eddy La Gooyatsh.

Découvert à l’occasion de son excellent premier disque « Lamour et l’eau fraiche » en 2006, Eddy La Gooyatsch nous avait à l’époque déjà bien impressionné par son sens des mélodies et ses jeux de mots truculents.

Beaurivage intervient donc 10 ans après « L’amour et l’eau fraiche » et l’évolution de l’artiste est palpable. Toujours Pop mais avec un son plus brut, cet album met en avant une musique efficace qui va à l’essentiel et des guitares électriques qui donneront à certains morceaux des ambiances qui tirent davantage vers le Rock « Nuage », « Ta main de fer ». Ce climat donnera naissance à une réinterprétation très réussie de « Magnolia for ever » dans un tempo bien plus lent que l’original et qui donne une direction résolument rock au morceau.

La voix est reconnaissable, familière et rassurante si bien que l’ont s’attache facilement à l’ambiance générale qui se dégage des albums. Etant un inconditionnel de « L’amour et l’eau fraiche », je garde un souvenir joyeux et plein de naiveté. Les textes sont aujourd’hui plus mélancoliques et lucides. Néanmoins, ce souvenir empreint de nostalgie et de bonne humeur réussit parfois à occulter les thèmes abordés dans les chansons laissant ainsi la musique primer sur les textes.

L’humeur de chacun étant changeante, Beaurivage semble avoir plusieurs visages et il est facile de l’interpréter de différente façon. L’exemple le plus flagrant étant « Pièges et coeurs en pièces » avec son ambiance musicale faussement joyeuse qui se fait très vite rattrapper par le texte qui nous emmène de désillusion en désillusion. Ce genre de contraste est particulièrement efficace mais laisse néanmoins entrevoir une lueur d’espoir en prouvant ainsi que la mélancolie n’est que passagère et qu’il n’appartient qu’à nous de se relever quitte à renouer un temps avec l’innocence de nos jeunes années « Le monde ».

Les textes sont effectivement mélancoliques puisqu’ils parlent de sujets sensibles tels que l’amour « Un hiver à moitié », les relations humaines en général et qui sont souvent faussées par le narcissisme ambiant « De la dentelle et des paillettes » ou encore l’apparence et la discrimination qui sont exposées avec élégance sur « Cache misère ».

L’interprétation se veut donc sensible à son tour et le chant habité comme en atteste « Madeleine », « Ta colère à nouveau », « De la dentelle et des paillettes »…