Dans de beaux draps

La pochette du disque, sans conteste la plus réussie de Karpatt, annonce le retour du trio deux ans après le remarqué « Dans le caillou ». Le style est resté le même et le groupe se plait à jongler d’une part avec les mots « Des idées » et d’autre part avec des influences (swing manouche, valse) qui ont déjà fait leur preuve sur scène.

Souvenirs flous, attachants et heureux « Fan de maman », nostalgiques « Sous la fenêtre » et parfois même un peu glauques « Les canards en plastique ». Une flopée d’histoires « Histoire de famille ». Ils ne se prennent pas au sérieux et préfèrent de loin faire passer leurs idées sur un ton humoristique plutôt qu’à grand coup de discours pompeux « Militant ». La picole « Le bar du silence » et les nanas, quelles soient vieilles « Les vieilles » ou le cul à l’air « Sous la fenêtre », sont des sujets d’études qui ne tarissent jamais. Les femmes rythment nos vies « La shampouineuse » et ce quels que soient les âges.

La première écoute est pourtant décevante. Cette sensation de déjà vu (thèmes inchangés et musicalité dans la continuité) me passe vite et je décide de reprendre le dessus en faisant appel à ma mémoire : pourquoi Karpatt a-t-il marqué mon esprit d’une telle manière ? Des airs vifs, vivifiants « La shampouineuse », entraînants « Mélisande » et chargés d’humeurs très différentes « Le fil ». Je retiens cependant la joie des trois musiciens et laisse de côté les chansons plus « sensibles » que je digère de moins en moins bien : « Les canards en plastique », « Fan de maman », « Sous la fenêtre », « Les vieilles ».

Les Karpatt s’inscrivent dans la continuité même si de nombreux instruments voient le jour : Banjo et harmonica « Mélisande », accordéon « Lino » et bien d’autres encore.

Un bien bel objet magnifiquement illustré par Sébastien Thomazo qui a prêté sa plume pour cette bien belle création : Digipack et livret colorés et animés par de drôles de personnages attachants et parfois même méprisants.

N’oublions pas Julie Levigne « Le fil », « Shampouineuse », « Le chat de l’aiguille » déjà présente sur le précédent des Karpatt. Merci pour cette douce voix pleine de charme et d’émotions.

Félicitations à tous ceux que je n’ai pas cité et Dieu sait qu’il y a de nombreuses participations !