Chronique 9

La tribu Sénoï, vous connaissez ? Il s’agit, à la base, d’une tribu malaisienne et de ses traditions, rituels peu communs dont «l’entraînement mental au rêve lucide ». Pour faire court, simple et rationnel, ils cultivent le rêve et par son biais trouvent réponses, conseils et créativité.

La tribu dont il est question aujourd’hui est issue de Salon de Provence. Alors ? « Dream cultures » ou réalité ?

Le rêve représente la libre pensée, le libre agir, le voyage. Au même titre que le rêve, la musique favorise notre imagination « Ivre de son » et rend compte, concrètement cette fois-ci, de nos croyances «…le paradis sur terre n’a rien d’inépuisable…» mais aussi de nos angoisses trop souvent polluantes « Infatigable » apparentées à des cauchemars pourtant réels.

Le rêve est partout, il nous invite à sortir de notre quotidien. La télévision joue ce rôle « Vision étroite », nous conditionne «Otage de l’image, absorbe et sois sage…» nous abrutit, nous manipule et nous empêche de réagir, réfléchir « Mind on, TV off » Undergang.

Outre la masse d’informations que procure la télévision, la manipulation qu’exercent les médias, le groupe préfère une vision réaliste, critique « Entre Nord et Sud » du monde dans lequel vivent des millions d’exclus et où le(s) gouvernement(s) tolère(nt) l’inégalité et la pauvreté. La disparité existe depuis la nuit des temps, donne raison à la violence. « Toute tolérance devient à la longue un droit acquis » Georges Clémenceau.

Le rêve, fil directeur et lien indispensable, a aussi des vertus apaisantes « Nova » et le groupe, malgré des influences reconnaissables entre toutes Noir désir, Red hot chili peppers…, met en avant une identité forte et une musique puissante cadencée par un véritable travail de recherche « rock’n’blues ». Les échanges basse/batterie sont ahurissants quand la guitare parfois funk, parfois rock progresse au rythme d’une base musicale stable et imperturbable.

Le concept de tribu refuse le pouvoir étatique et prône des valeurs sociales simples et saines, sans pollution, discrimination, violence…Les fondements du groupe reposent sur le rêve, le rêve d’un monde meilleur. Pour cela, Sénoï combat ses monstres avec conviction, dresse un portrait réaliste de la société en général. Constats, préoccupations et convictions rythment l’album au même titre que la guitare/basse/batterie.