Chronique 5

Voici un album « Java/punk » qui déménage et qui donne envie d’en savoir plus sur ces Bordelais déchaînés.

Le groupe a pris forme en 96 et depuis des centaines de dates se sont enchaînées. Cette formidable aventure a permis aux Bordelais de Laréplik de rencontrer des pointures dans le domaine (Ludwig Von 88, Spook and the guay, Hurlement d’Léo et bien d’autres encore) donnant ainsi le goût aux bonnes choses. L’album a donc été confectionné avec application et sous les yeux complices de J-Pax, sonorisateur des HDL. « La folie des glandeurs » nous présente un album studio bien orchestré.

L’album est vivant et surprenant, tout comme la pochette. Cette scène familiaire pour les français, m’amène à prendre dans un premier temps les musiciens pour des révolutionnaires, engagés bien évidemment. « Con de droite » me conforte dans l’idée mais tout ceci n’est que « farce et illusion »! En effet, il s’agit dans l’ensemble de petites mais savoureuses tranches de vie accompagnées par des instruments vivifiants (accordéon, banjo, trompette…).

La démocratie est représentée sous des traits féminins avec une accordéoniste et une chanteuse sur « Le dimanche » et « Au bout d’ma laisse ». Ces deux musiciennes représentent la permanence des valeurs qui fondent l’attachement des citoyens à Laré(pu)plik :

Liberté : La liberté d’expression avec ces histoires farcies de mots et de moqueries. « Con de droite » annonce leurs croyances et attachements en vue de partager des idées. « Des mous » où le savoir des étudiants est mis à l’épreuve. Humour, souvent noir, dérision (« Merci ») et propos négatifs sont au programme. « Les témoins de Jeovah » sont également de la fête. Un petit aperçu de la vie des musicos en tournée…Bref, tout le monde y laisse des plumes. Un regard critique sur notre société mais rien de bien méchant. Au risque de froisser Ludo, leader du groupe, je trouve cet album beaucoup plus festif que revendicatif.

Egalité : Egalité entre jeunes et moins jeunes qui pourront s’y retrouver sur une musique populaire, parfois fougueuse (« Le cirque des morts vivant »), guerrière (« Petit agité ») et même pacifique.

Fraternité : Aucun lien de parenté mais une « union fraternelle » entre deux groupes : Laréplik et les Bérus avec « Petit agité ». Un titre revisité permettant aux plus jeunes de découvrir Les béruriers noirs, groupe culte, en version accoustique façon Laréplik.

Leur musique est le symbole d’une république qui s’est construite par l’adhésion progressive de tous les citoyens à cette devise : adhérez à Laréplik !