Black strobe – Godforsaken roads

Le nouvel album de Black strobe « Godforsaken roads » est sorti le 6 octobre.

La création de ce groupe remonte à la fin des années 90, période ou l’electroclash a connu des artistes comme Felix da Housecat, Ladytron, Fisherspooner ou les français Vitalic, sexy sushi et Miss Kittin and the Hacker. Ce genre musical est plus un mouvement « médiatisé » car il était difficile de faire un lien entre chacun de ces artistes. Le principe étant de coupler à une ambiance électronique une musique de type rock, disco, pop le tout destiné à un cadre résolument Dancefloor.

Black Strobe doit en majorité sa naissance à Arnaud Rebotini leader charismatique du groupe et artiste solo « electro synthétique » d’un projet qui porte son nom et pour lequel il signe des sons essentiellement techno. Il a également composé la bande son pour le film Eastern Boys de Robin Campillo (les revenants) en 2014. Derrière ce personnage à la carrure impressionnante se cache une personnalité sensible et attachée plus que tout au monde à ses machines analogiques. La formation se compose également d’un guitariste, d’un bassiste/clavier et d’un batteur, celle-ci l’accompagne aussi bien en studio que lors des lives habités du groupe.

Black strobe n’est inconnu pour personne, l’un des morceaux phare du précédent album « I’m a man » a servi à la promotion d’un parfum incarnée par un certain Alain Delon. En outre Guy Ritchie, Martin Scorsese et Quentin Tarantino ont utilisé cette chanson pour accompagner leurs images. Les amateurs de jeux vidéo en ont d’ailleurs certainement bien profité puisque ses musiques étaient également playlistées dans GTA V ou Assassin Creed.

Le groupe a aussi réalisé plus d’une quarantaine de remix pour Depeche Mode, Royksopp, Guetta ou Ramstein… la liste est aussi longue qu’elle est éclectique.

Le premier album sorti en 1997 « Burn your Own Church » évoquait une techno métallique teintée de ballades ténébreuses.

Oh my God !

Le cru 2014 est assez éloigné du précèdent opus même si l’atmosphère de rock futuriste subsiste, Black strobe plonge dans les racines du sud des états unis en faisant la part belle au Blues et à la Country. Arnaud Rebotini s’approprie cet univers de Cowboy, et le restitue à notre époque en y appliquant sa touche de modernité synthétique. Les esprits rétro et nostalgiques du rock seront certainement étonnés à la première écoute et se feront surprendre par la suite tant les références y sont sublimées. Les thèmes de l’album sont ceux empruntés à son style, l’amour, la solitude, le diable, la prison, le train, le bayou… L’hommage rendu aux genres y est admirable car passionné et met en exergue le « songwriting » à l’américaine. La voix du chanteur (et leader) n’est pas sans rappeler les organes de velours de crooners contemporains comme Iggy Pop, Dave Gahan de Depeche Mode ou Nick cave.

L’ambiance « western avant-gardiste » de l’album insuffle un véritable plaisir pour l’auditeur dans un paysage électronique qui souffre cruellement d’originalité. Comptez sur Arnaud rebotini et sa bande pour faire preuve d’authenticité et de restituer avec une humilité saillante et une exigence stimulante un style quelque peu abandonné.

Album 4 etoiles

Sur la dizaine de morceaux originaux que compose l’album il n’y a rien à jeter. Une reprise d’un classique de Johnny Cash « Folsom Prison Blues », œuvre que se réapproprient complètement Rebotini et ses synthés. « Broken Phone blues » et « Monkey glands » titres qui déménagent par leur côté hargneux et groovy. « He keeps on calling » est certainement le titre le plus “country” de l’album qui vous plongera directement dans l’univers Western de du disque. « For those who came on earth thru the devil’s asshole » entre rock progressif à la King Crimson et blues sarcastique. « Dumped Boogie » avec ses synthés tranchants et son rock racé. Le Boogie-disco « From the gutter », l’acid-rockabilly d’ »house of godd lovin » et enfin l’electro rock de « Going back home » viril et sobre à la fois.