A lors ,..Chante 2 !

« printemps, belle saison, printemps, belle chanson » : auteur inconnu. Le festival « Alors…Chante ! » de Montauban n’échappe pas à la règle et revient cette année encore avec son ami le printemps. Un temps magnifique et un 20ème anniversaire à fêter tout au long de la semaine avec une programmation toujours à la hauteur.

A peine fini de digérer que voilà le public prêt à clôturer ce 20ème festival. Il est 14h15 lorsque j’arrive pour ne pas faire la même erreur que quelques jours auparavant. Il y a une queue de folie. J’en profite pour aller chercher ma place. Accompagné de mon petit papier « contact », je me présente et le donne aux organisatrices qui ne sont toujours pas au courant mais qui sont très sympathiques, il faut tout de même le reconnaître. Pour me faire patienter, je reçois un CD « Découverte Alors chante 2005 ». Une dame s’approche de moi et me dit « Mr Debout sur le zinc ? » et me tend ma place avec un grand sourire. Je repars donc avec mon t-shirt (Debout sur le zinc) direction la salle avec un espoir d’y trouver le stand de Jeanne afin de me procurer son DVD. Le stand a vraisemblablement était sacrifié par la mise en place d’une buvette.

La salle n’affiche pas complet, ce qui me laisse le choix de la place, enfin presque. Une placeuse est présente, prête à orienter les perdus. Je me présente par conséquent et par la même occasion je place « mygmusique.com » dans la phrase. Elle me répond : « Oui, alors là c’est réservé, là aussi et là…aussi ! Tenez en voilà une ! ». Parfait, en haut face à la scène. Je me faufile donc entre deux petits vieux et c’est parti pour 1h15 d’hystérie.

Jeanne est la première à monter sur scène. Elle traverse cette dernière dans une hystérie (c’est bien ce que je disais) totale. Le public applaudit sans retenue : une vraie entrée d’artiste. Ce qui me replonge quelques heures auparavant, à 12h00 pour être exact. France 2 et Pascal Sevran présente « Entrée d’artiste ». Passage obligatoire pour parfaire ma culture musicale. De plus, si j’étais amené à le croiser lors de la prestation de Michel, j’aurais l’air fin ! Je me prépare donc à toute éventualité. Pendant ce long monologue, Jeanne s’assoit.

Un silence magistral comme jamais il n’a régné à l’Eurythmie. Les premières notes se font entendre. Une belle introduction au piano laisse le temps aux deux autres musiciens de rentrer discrètement dans l’obscurité de la salle. Nous arrivons aisément à deviner les silhouettes. A peine installés, les deux instrumentistes démarrent sans perdre une seconde sur « Douze fois par an ». La batterie résonne. Premier choc, ayant vu Jeanne seule puis accompagnée par la suite d’un guitariste. Troisième concert auquel je participe et un nouveau venu. Chaque concert est donc une surprise, une musique qui s’enrichit au fil du temps. Le premier titre est plutôt triste mais je ne peux m’empêcher de sourire bêtement en la voyant. Nous sommes bien évidemment assis et c’est agréable de voir des gens concentrés devant ce spectacle. Il est temps de redynamiser la salle avec « Super 8 ». Ce n’est pas très sympa pour mes deux voisins !

Une voix parfois douce, parfois plus dure s’échappe du micro. Le son est très bon, l’interprétation aussi. Jeanne salue le public avec un sourire très communicatif, vendeur en somme. Cela devait être une stratégie purement commerciale de ne pas avoir mis en place un marchandising. Je ne vois que cette explication. Tout est parfaitement étudié. Rien n’est fait au hasard. Pour ma part ce n’est pas toujours le cas, c’est pourquoi la setlist proposée n’est pas forcément dans l’ordre. Les textes sont tellement riches, avec parfois des paroles tristes et réalistes ou encore chargées d’humour, que je perds la notion de tout ce qui m’entoure. Une multitude d’images nous traversent la tête. Pour preuve, « un couple normal » prend place sur la scène et l’on imagine cette idylle frappée de romantisme. Le refrain grave, le contour ironique et l’on sent l’intensité et la gravité s’amplifier par le biais d’instruments visiblement impliqués dans l’histoire. Morale, les ménages à 3 ne fonctionnent pas. Le mariage doit être un cap très difficile à passer. Cet acte, cet engagement devrais-je dire vous est conté par Jeanne. « Les photos de mariage » pourraient être une suite logique au titre précédent, avec l’enthousiasme en moins. En effet, c’est tout sauf « l’occasion de se marrer ». Derrière son piano, la jeune chanteuse nous fait partager son talent. Les notes enflammeront la fin du morceau.

Passons maintenant si vous le voulez bien dans un contexte tout à fait différent, dépaysant. Mettons de côté notre magasin de photos diverses et variées pour laisser place à l’ambiance de L’hypermarché Auchan. En effet, il est question d’une des sœurs du prodige. « Les rollers » de Lise ? ou bien ceux d’Emilie ! Ici, on apprend l’ambiance, les habitudes de ce géant de la distribution. Les repas d’1/4 d’heure et le salaire motivant de ce métier à risques. Déambuler dans les rayons, ça ne s’improvise pas. Un titre mené à fond la caisse. C’était ça ou faire des études alors… « Le petit voisin » (Quelle ironie, rappelez vous) a tout de même tenté l’expérience. Pour ne pas mourir idiot, ce dernier s’essaye à plusieurs disciplines, parfois illicites il est vrai. Il est étudiant. Une énergie merveilleuse s’échappe de ce titre. C’est pourquoi, c’est à ce moment précis que je suis sensé faire sortir les jeunes de la scène pour un rappel qui rime avec décibel. Mais n’allons pas chambouler la logique de ma critique s’il vous plait. Avant d’être un étudiant responsable, le petit voisin fut petit, Jeanne aussi. C’est fou les souvenirs que l’on peut avoir de notre enfance. « La station ». Une sortie pédagogique (d’où l’intervention du petit voisin !). Les notes qui s’échappent de la guitare, lentes et posées voire même désespérées en début de course, attendent le signal de Jeanne qui s’apprête à chanter ses souvenirs. Le piano a été troqué contre une basse flambant neuve. Un tout autre exercice mené avec toujours autant de facilité devant un public qui ne sait plus où donner de la tête. Les sourires se transmettent et la salle se sent soudainement très impliquée sous les notes aiguës du guitariste, refrain révélateur grâce auquel les visages se détendent.

Le guitariste se fond parfaitement dans l’ambiance des chansons. Cependant, ses prestations passées étaient beaucoup plus impressionnantes. En effet, une pédale multi-effets était utilisée avec son option « Sound on sound » permettant à ce dernier d’ajouter au fil des chansons des riffs supplémentaires, toujours plus incisifs. La reproduction du son d’une batterie via une guitare acoustique était également au programme, beaucoup plus impressionnant mais très impliquant. Laissons ce plaisir à Nosfell.

Le plaisir est de mise cet après-midi à l’Eurythmie. Deux titres inédits sont joués. Parmi eux, « Les bas morceaux », pendant lequel le public est sollicité sur un refrain bidon selon Jeanne. Ces refrains sont même sifflotés par le public sous l’œil attentif et impressionné de l’auteur. Amusée, elle n’hésite pas à jouer avec sa voix. « Quand on est amoureux » est s’en doute la seconde. Pour plus de détails, voir avec Jeanne.

Ambiance rurale à Montauban. « Rural » nous peint un portrait très explicite de la campagne. Titre caricaturé magnifiquement bien avec toujours autant d’énergie. Le public est forcément plus ou moins réceptif. Pour preuve, l’effet produit à Decazeville (Aveyron) fut nettement moins bien reçu. Allez savoir ! Un proverbe approximatif dit (comme quoi la culture, qu’elle soit intellectuelle ou purement manuelle (action de cultiver), n’est pas quelque chose de forcément acquis à l’avance) : « Nous nous rendons compte de la vraie personnalité de l’être humain lorsqu’il est dans son plus simple appareil »…et c’est bien là qu’est le problème ! Trêve de plaisanteries douteuses et place à « Un trait danger ». Dernier titre chargé d’énergie pour une fin indiscutablement rock. L’évolution entre la première version et celle de cet après-midi est bluffante.

Un beau dimanche…pendant lequel on tourne souvent en rond, on se fait chier en somme, un peu comme à la campagne à vrai dire…chargé d’émotions très variables. Un dimanche tout simplement merveilleux.

Il est donc très dur de se lever (je parle bien évidemment de mes voisins !) après un spectacle aussi magistral. On aurait bien assisté à une série de titres supplémentaires. Mais plus c’est bon, plus on est gourmand. 45 minutes d’attente sont nécessaires. Largement suffisantes pour faire « la pause pipi » et retrouver sa place. Folklore avant l’heure !

Michel Fugain tel un fusain bien aiguisé nous fait partager sa poésie.

Une poésie sur des airs populaires et des chansons qui ne vieillissent pas du tout. D’ailleurs, Michel se plait à nous conter quelques anecdotes de façon à mieux annoncer la suite des festivités. Car c’est vraiment cet esprit de fête (de village) que j’ai retrouvé. « C’est comme l’oiseau » fait partie des premiers succès de l’artiste. En effet, le succès lui a ouvert les bras et les impôts aussi. Il est donc question d’argent. Tout est question d’argent dans la vie. Il nous a fait comprendre très simplement qu’il avait « dérouillé » si vous voyez ce que je veux dire. Si bien que, et c’est dans ces moments que l’on se dit que les spectacles sont quand même bien fait, une dame s’exclame avec sa petite voix : « Tu t’es bien rattrapé depuis hein !!! » sous entendu, puisque vous n’avez pas l’intonation « Tu t’es bien rattrapé depuis hein mon salaud !!! ». Crise de rire dans le public et une réaction très professionnelle sur la scène. Un bon éclat de rire, bien sincère et un enchaînement novateur pour les musiciens. L’invitation est lancée pour ce spectacle culturel où tout le monde peut participer. Participer, c’est « clap clap » avec les mains mais pas seulement. Cette expérience va-t-elle ouvrir de nouvelles perspectives ? Michel n’est pas vexé pour autant, au contraire. Il est toujours aussi proche de son public. Ca lui apprendra.

Un artiste que je connais de nom. J’ignorais tout de lui, j’ignorais que la plupart des titres à succès que j’avais pu entendre étaient de lui. Je ne suis pas mécontent d’avoir participé à ce concert très vivant. J’ai tenu une bonne heure et quart et j’ai fini par craquer lorsque une guitare sèche sur un chant triste est apparue. Les titres furent parfaitement répartis avec « un grand succès », puis un nouveau titre et ainsi de suite. Encore une nouvelle ambiance à découvrir. Michel vaut largement certains groupes à la mode actuellement. C’est une question de goût, d’ouverture d’esprit et surtout de public ! Merci madame.

Sourire garanti devant un artiste à la gestuelle et au comportement très ouverts face à son public. Il en fait parfois trop, conditionné par un technicien à la lumière qui le suit à la trace.

J’ai donc trouvé la solution au problème de Jeanne, problème de stand résolu à condition que Michel accepte de tenir la caisse. Il est désormais très à l’aise quand il est question d’argent.